Un article co-écrit par Ethicaline, Expert.ai et OpenPeopleFactory

Chaque crise engendre dans son sillage des disruptions organisationnelles profondes pour le monde de l’entreprise. Celle que nous vivons actuellement n’y échappe pas, avec l’adoption rapide, certes forcée, des méthodes de télétravail, de réunions en visio-conférence, d’outils collaboratifs, etc… En en un temps très court, à l’échelle des grandes organisations corporate, les entreprises et leurs collaborateurs ont totalement adopté ces nouvelles technologies de communication et de travail, sans que la bonne marche de l’entreprise, la qualité du travail et la productivité en soient réellement dégradées.

Dans cette dynamique, il est des directions dans l’entreprise pour lesquelles les adaptations et aménagements des modes de fonctionnement devraient évoluer davantage. A ce titre, les fonctions d’ « assurance », au sens anglophone du terme, telles que l’Audit, Contrôle Interne, Conformité, dont l’essence est de s’assurer, par des vérifications sur pièce et sur site, de la bonne exécution et application des règles éditées les organisations – procédures, normes, respects des règlementations en tout genre et que les risques auxquels l’entreprise est exposée soient sous contrôle ; devraient être amenées à adapter leur méthodes de travail.


Les activités de détection, plus que jamais cruciales dans l’environnement actuel

Pour ces métiers support aux opérationnels, il existe généralement 2 facettes complémentaires pour fournir une véritable assurance que les risques – opérationnels, financiers, légaux, réglementaires -, soient effectivement sous contrôle ; la première est d’organiser un cadre, de définir les règles internes à suivre, les limites et les « lignes jaunes à ne pas franchir » lorsque les collaborateurs opèrent au sein de des organisations, ainsi que de les former au respect de ce cadre au quotidien. Ce volet prévention est une facette cruciale tant l’entrevêchement des normes, règlementations locales, supranationales rend complexe la conduite des affaires.

La deuxième facette, tout aussi déterminante et consubstantielle à la prévention, est celle des activités de détection. Il s’agit pour ces fonctions précitées d’opérer des missions de contrôle sur site, pour s’assurer de l’effectivité de mesures de prévention et pour détecter aussitôt que possible toute déviation, dysfonctionnement, « franchissement de la ligne jaune », afin de circonscrire et remédier, avant que cela ne dégénère en crises de plus grande ampleur.

Or, dans le contexte de crise sanitaire actuel, assorti de mesures de restrictions de déplacements en France et à l’international, quand ce n’est pas l’impossibilité matérielle de se déplacer dans certains pays lointains par manque de vols et dessertes aériennes, les activités de contrôle sur site ne sont plus d’actualité pour un bon moment, du moins tant que durera ces restrictions ; transformant ainsi cette phase de contrôle et de détection en une véritable gageure pour les fonctions d’« assurance ».


La propension à s’affranchir des règles dans un contexte économique tendu

Par ailleurs, cette situation inédite, de par l’impact économique mondial et dans tous les secteurs, a également engendré des mécanismes et réflexes de subsistance économique. Il faut désormais redoubler d’efforts, être plus créatif, plus incisif,… pour rattraper le manque à gagner des mois passés, gagner coûte que coûte  des nouveaux contrats, conquérir des marchés laissés en friche jusqu’à présent.

Dans ce contexte, il est beaucoup plus aisé d’être tenté d’oublier, ou du moins de reléguer en second plan, les exigences de respect des règles internes et des réglementations en tout genre. Les comportements de certains collaborateurs en première ligne du business développement commercial, sommés par les strates hiérarchiques de « faire du chiffres », agrémenté avec d’injonctions telles que « business first », « c’est une question de survie »,… ; peuvent résolument être altérés voire débridés. La prise de risque serait encouragée ; le franchissement de la ligne jaune, « tolérée » par la hiérarchie ; et les raccourcis tel que enveloppes de facilitation, intermédiaires, traffic d’influence, concussion,… bref corruption, auto-justifiés.  

Il en est de même pour la fraude touchant les entreprises. Les difficultés économiques pour tous – entreprises comme individus – amplifiées par l’affaiblissement des contrôles et garde-fous, aiguisent les appétits d’enrichissement personnels ou collectifs et encouragent les collusions entre interne et parties prenantes externes.


Des nouvelles approches innovantes et disruptives

Plus que jamais les rôles et les dispositifs de contrôle et de détection de dysfonctionnements décrits plus haut, s’avèrent nécessaires et primordiaux, car les impacts de ceux-ci sur l’entreprise, qu’ils soient légaux, pénaux, financiers ou réputationnels et s’inscrivant dans le « temps long », demeurent entiers.

C’est dans cette perspective que les fonctions Audit, Contrôle Interne, Conformité se doivent d’innover,  d’être davantage disruptif pour pouvoir exercer pleinement leur rôle de contrôle, de « gardien du temple » ; et ce malgré les contraintes et restrictions en tout genre.

Une des solutions qui s’offre à ces Directions réside dans l’adoption (encore une fois) de nouvelles technologies appliquée à l’information, en tant qu’outil d’aide à la détection des potentiels faits de fraude et de corruption.

Le monde de l’entreprise, à l’échelle planétaire, n’a jamais été aussi digitalisé et l’information n’a jamais été aussi abondante et accessible à travers les systèmes d’informations interconnectés. Mais elle est toutefois disparate : données structurés (données financières, commerciales, stocks,…) et données non-structurées (échanges email, contrats, documents de travail,…) ; et gigantesque à l’échelle d’une organisation multinationale – le « Big data » est aujourd’hui une terminologie corporate.

Les enjeux pour les Compliance Officers, Audit Officers seraient de « leverager » et d’exploiter cette grande quantité d’informations disponibles pour la rendre intelligente – au sens étymologique et latin de terme à savoir « découvrir les relations entre les informations et comprendre les faits » -.


L’intelligence Artificielle Cognitive, un technologie idéale à la détection de signaux faibles 

Il existe aujourd’hui des solutions technologiques et logicielles proposant des approches dénommée Intelligence Artificielle Cognitive. Il s’agit de s’appuyer sur les possibilités offertes par l’Intelligence Artificielle ou encore « Machine Learning » pour absorber les grandes quantités de données, d’informations, tout en automatisant la collecte, le traitement et la lecture de l’information. C’est ainsi que l’Intelligence Artificielle Cognitive appliquée à la compréhension du langage naturel (ou NLU – Natural Language Understanding) autorise cette exploitation de toutes les données présentes dans l’entreprise – les données non-structurées sont estimées à 80% de l’information disponible en entreprise.

La technologie IA permet dès lors de trouver les relations entre les millions de documents texte et des données comptables, commerciales, juridiques, mais également de pouvoir les croiser avec des sources d’informations externes telles que les réseaux sociaux, bases de données professionnelles ou encore toute la richesse du web….; afin d’identifier des faisceaux d’indices, des récurrences, des « patterns »,… en somme des signaux faibles indiquant des dysfonctionnements potentiels.

Un exemple illustré serait : l’identification d’un nouveau partenaire commercial, avec lequel une filiale éloignée seraient entrée récemment en relation d’affaires, pour lequel les diligences KYC, risk assessment,… auraient que sommairement exécutées par les équipes locales. La technologie IA serait à même d’identifier que ce partenaire n’est pas un nouvel entrant, car un des bénéficiaires ultimes (non mentionné), serait le point de contact de plusieurs fournisseurs de services, et en relation familiale avec un Responsable Marketing ; et par ailleurs auraient eu des antécédents judiciaires dans des pays sous embargo.

Cet exemple illustré est certes familier pour les experts travaillant dans la Conformité et les investigations associées – c’est leur métier après tout ; mais la capacité de le détecter en temps réel s’avère un atout considérable dans l’exercice des fonctions de contrôle.


Une application qui a fait ses preuves

Le levier de l’Intelligence Artificielle Cognitive fournirait, dans ces conditions, un outil support et d’aide à la décision aux activités de contrôle et de détection et venir palier partiellement aux travaux réalisés in-situ auparavant. L’intelligence Artificielle sera à même d’automatiser la détection de signaux faibles en matière de faits de fraude et corruption ; et ce, de manière continue et sur un périmètre mondial -, afin de remonter des alertes auprès des fonctions de contrôle ; charge à elles d’analyser, investiguer et agir auprès de opérationnels pour remédier.

La technologie intelligence Artificielle appliquée est désormais mature ; elle a fait ses preuves dans ces domaines et d’autres encore ; et c’est l’adjonction de technologie, algorithmes IA, de savoir-faire métier dans la détection de fraude & corruption et de « data scientists » versés dans la compréhension de la complexité des données en entreprise ; qui aboutit à des solutions et des applications innovantes au bénéfice des professionnels de la Conformité, de l’Audit et du Contrôle en entreprise.

Pour en savoir plus :

Pour en savoir plus, rejoignez-nous lors de notre webinar qui se tiendra le 26 Novembre 2020 prochain à 9h00 :

L’IA appliquée à la Due Diligence et
à la gestion des risques de fraude et de corruption


A propos des auteurs :

Les co-auteurs, experts dans leur domaine respectif, ont conjointement développé une solution en Intelligence Artificielle Cognitive, basée sur la plateforme technologique COGITO Intelligence Platform – Expert.ai ; appliquée à la détection de signaux faibles en matière de fraude et de corruption.

Pour en savoir plus, voir la solution Outil de détection – Intelligence Artificielle ici.
Contacter les co-auteurs :
. Jean-Jacques QUANG, Directeur Associé Ethicaline 
. Alain BIANCARDI, Vice-President Sales & Marketing – Expert.ai
. Pierre MOYEN, Directeur Open People Factory

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